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la douche froide 
by Léonie K
 

Durée de lecture : 3 minutes.

Salut !

Tu reçois ce mail parce qu’un jour, t’as mis ton adresse sous un de mes quiz ou guides, sur ta flemme, ton microbiote ou ton type de chien social.

Donc enchantée, et bienvenue 👀

Comme t’as pu le remarquer, j’aime bien expliquer des trucs en vidéo. Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est écrire. Du coup j’ai décidé de lancer cette newsletter pour te faire découvrir chaque semaine un truc qui se passe dans ta tête ou dans ton corps, et qui impacte directement ton quotidien. J’y partagerai aussi des conseils et des retours perso !

« La Douche Froide » devait rafraîchir ta boîte mail chaque jeudi. La série est désormais archivée.

Sinon, 3 minutes de lecture t’attendent (et un quiz exclusif 👀). C’est parti !

Les commentaires négatifs

En ce moment, c’est le truc qui me prend la tête plus que tout le reste.

Depuis que je fais des formats courts, c’est complètement décuplé. J’en reçois à longueur de journée : sur ma tête, ma voix, ma tenue, mon travail, ma façon de parler, mes traces de bronzage, mes opinions... la liste est longue.

Et au début, j’avoue, t’as du mal à t’y faire : tu te réveilles à 6h du matin avec ça ↓

j
ja•••••ve  1 s
Dit-elle avec sa tronche d’aigrie.. 😂😂
Répondre
♡
2
 
G
@Go•••••8w il y a 15 h
Toi t’as une gueule avec des problèmes de mimiques on dirait l’autre assistante à la con de la lavette pujadas en version caricaturale... 🎉
👍  👎  💬

Bon. Y’a meilleur réveil 😅.

Tu vas me dire que c’est le revers de la médaille, du « métier », et t’as peut-être raison.

Mais le truc que t’as peut-être pas remarqué, c’est que toi aussi, t’en as.

C’est pareil pour tout le monde. Si pour toi c’est pas des commentaires, c’est peut-être des remarques de proches, d’un supérieur hiérarchique, d’un pote un peu grande gueule ou de quelqu’un de ta famille.

Parfois c’est même pas directement adressé à toi : ça peut prendre la forme de jugements sur tes choix, ou de sous-entendus.

Et même si t’es l’un des meilleurs de ton domaine, voire l’un des meilleurs AU MONDE, tu y passes aussi. Regarde ce qui vient d’arriver à Olise, en deux semaines de Coupe du monde :

Fox Sports 2 juillet
« Olise a une vision que les autres n’ont pas. Seul un génie a ça. »
Zlatan Ibrahimović, après France-Suède
 
L’After Foot, RMC 15 juillet
« On l’a mis à la table de Zidane et Platini : il n’est même pas à la cuisine. »
Daniel Riolo, après France-Espagne

Treize jours d’écart. Même joueur, même compétition.

(Perso, quand j’entends quelqu’un critiquer quelqu’un d’autre, je me dis tout le temps qu’il doit sûrement faire pareil quand j’ai le dos tourné. Et souvent, c’est vrai.)

Est-ce que c’est de la paranoïa ? Et bah d’après la recherche : non.

Des chercheurs ont équipé 467 personnes d’un micro porté toute la journée, dans leur vraie vie. Résultat : on passe en moyenne 52 minutes par jour à parler de gens qui sont pas là. Et toi aussi.

Donc oui : on parle de toi dans ton dos. Et toi aussi, t’as des commentaires YouTube.

Et ça, c’est pas si anodin qu’on le pense : ça peut provoquer une vraie réponse de stress.

Des chercheurs ont comparé des dizaines de types de stress en labo. Ce qui fait le plus grimper le cortisol, c’est pas le danger physique : c’est le moment où ton image peut être jugée par les autres. Une critique, quoi. (C’est mesuré sur plus de 200 études, c’est du solide.)

Et comme être jugé est un des stress les plus puissants pour ton corps, à chaque fois que tu y repenses, tu relances l’alarme. En gros, ça met ton corps en « alerte ».

Le problème, c’est qu’on ne peut pas fuir ces « réflexions ». C’est universel, ça va pas disparaître comme par magie. Du coup, on doit apprendre à faire avec.

Alors comment on vit avec ?

1. En parler avec quelqu’un de confiance, pour désamorcer.

Perso, j’en parle avec mon mari, associé et père de mon enfant : il vit 99 % de ce que je traverse avec moi.

Même quand ça concerne nos familles ou nos amis, c’est toujours une petite marche de débrief où on se dit juste ce qui pèse, et où on se demande s’il y a une part de vérité là-dedans, ou si c’était juste une réflexion inutile.

On appelle ça la co-régulation. Et les études vont dans le même sens : ton cerveau évalue les menaces comme un comptable, et quand quelqu’un de confiance est à côté, le danger coûte moins cher.

En plus, ça permet de mettre des mots sur ce qui te pèse, à voix haute, donc de mettre la critique à distance.

(Bon, ça a quand même failli me faire arrêter plusieurs fois. Mais c’est toujours les discussions profondes qui m’ont le plus aidée.)

2. Comprendre ce que ces critiques viennent réveiller chez toi.

Parce qu’une remarque qui fait si mal, c’est souvent qu’elle appuie sur un endroit qui était déjà sensible avant elle. Pour t’aider à repérer ça chez toi, j’ai fait un quiz : 2 minutes pour mesurer ta sensibilité aux critiques, et voir d’où elle vient 👇

Faire le quiz (2 min)

3. Les tourner en dérision.

C’est le super moyen que j’ai découvert récemment : m’en servir avec vous comme excuse pour un sujet plus intéressant. Comme ce que j’ai fait dans cette vidéo.

Et ce que j’ai remarqué en les faisant, c’est que partager + en rire, ça permet réellement de moins y penser.

La science appelle ça la réévaluation humoristique : re-raconter un truc négatif en version drôle réduit ce qu’il te fait ressentir.

Détail qui compte, d’ailleurs : vaut mieux en rire vraiment que ricaner amer. C’est l’humour bienveillant qui désamorce, pas le cynisme. Donc si c’est encore trop frais, c’est ok de ne pas en rire tout de suite. Ça viendra.

L’exo de la semaine 🧠

Un des exercices les mieux testés pour faire retomber la pression, c’est de repenser à la critique en te parlant de toi à la troisième personne : « Léonie a reçu ce commentaire », au lieu de « j’ai reçu ce commentaire ».

ALORS OUI, t’as l’air un peu con. MAIS attends la suite.

La science appelle ça le self-talk distancié (moi je l’appelle le prénom magique), et ça joue directement sur la perception que ton cerveau a de la situation : formulée avec ton prénom, la critique devient un truc qui arrive à quelqu’un, plus une attaque contre toi.

Ton cerveau la traite comme quand tu consoles un pote. Et t’as déjà remarqué à quel point t’es plus lucide et plus doux pour les problèmes des autres que pour les tiens ?

Schéma : « j'ai reçu ce commentaire » = cerveau en alarme ; « Léonie K a reçu ce commentaire » = recul

Le plus fou, c’est ce que montrent les mesures d’activité cérébrale : la réaction émotionnelle redescend quasi instantanément, et sans effort mesurable. C’est pas de la volonté, c’est de la grammaire.

Tu peux le faire n’importe où : dans ta tête, à l’écrit, ou à voix haute (préviens tes collègues quand même). La prochaine remarque qui pique, essaie juste : ton prénom + ce qui s’est passé + ce que ça fait. « Lisa a reçu une réflexion de sa belle-mère, et ça l’a piquée. » C’est tout.

Les contenus qui m’ont aidée 🎬

Dans cette quête de peau un peu plus épaisse, voilà mes petites recos. D’abord le podcast, mon préféré des trois :

🎧 « À qui les people pleaser font-ils vraiment plaisir ? »
Émotions, Louie Media : pourquoi on surinvestit le regard des autres durée d’écoute : 46 minutes

Écouter l'épisode : À qui les people pleaser font-ils vraiment plaisir ?

→ « Les autres », Et tout le monde s’en fout (durée de visionnage : 5 minutes)

→ « Pourquoi la critique peut faire si mal », The School of Life (durée de visionnage : 4 minutes)

La phrase à retenir 💬

Une critique qui parle de ce que t’as FAIT peut t’aider. Une critique qui parle de ce que t’ES peut dégager.

(C’est même mesuré : les retours qui visent la personne plutôt que le travail font souvent régresser. Trie les tiens avec ça.)

Perso, je sais que mes lundis ont de fortes chances de commencer encore avec des insultes. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elles n’arrivent plus vraiment à moi : elles arrivent à Léonie. Et elle, elle en fait des vidéos.

À venir cette semaine 👀

Deux vidéos en préparation :

🪞
Pourquoi on devient sa mère (ou son père) en devenant parent
Avec un test pour repérer ce que tu rejoues sans le vouloir
🧒
Le « syndrome de l’enfant unique », gâté et asocial ? Un préjugé vieux de 130 ans
Qui t’aidera à trier ce qu’on « sait » vraiment sur les enfants uniques

Donc voilà pour cette semaine, et ce premier épisode de La Douche Froide. J’espère qu’elle aura rafraîchi ta journée.

Dernière chose : qu’est-ce que t’attends de cette newsletter ?
Réponds directement à ce mail, je lis tout.

À jeudi prochain,

Léonie

PS : réponds-moi aussi avec la critique qui t’est restée le plus longtemps. Les plus absurdes auront leur podium la semaine prochaine.

 
 

Les études de ce mail, pour les curieux :
Les micros et les 52 minutes : Robbins & Karan (2019), Social Psychological and Personality Science
Le cortisol et le jugement : Dickerson & Kemeny (2004), Psychological Bulletin
Le prénom magique : Kross et al. (2014), JPSP Moser et al. (2017), Scientific Reports
FAIT vs ES : Kluger & DeNisi (1996), Psychological Bulletin

Tu reçois ce mail parce que tu as téléchargé un de mes guides ou quiz.

Léonie K France